Juillet 1999 : Une semaine d'alpinisme au centre Ucpa de La Bérarde. Situé en Isère, au bout d'une route sinueuse, étroite et vertigineuse...au fond d'une vallée du Vénéon, quelques habitants seulement vivent là l'été à 1715m d'altitude, au bord du torrent. Ce hameau est connu pour être un lieu fréquenté par les alpinistes, du fait des nombreux sommets alentours.
Quand on arrive, on a l'impression d'être au bout du monde... la vallée n'est pas très large, entourée de montagnes rocheuses très élevées, on se sent petit...
Dès mon arrivée, le ton est donné... L'activité sera intense !
Commençons par un après-midi de découverte de l'escalade en bloc... c'est-à-dire grimper des gros blocs sans corde, les parcourir en chaussons d'escalade pour trouver son équilibre... bref, 4h d'efforts intensifs, pour prendre la mesure de ce qui nous attendra les prochains jours.
Le lundi, journée escalade...apprentissage des techniques de base...encordement, noeuds, grimper en second avec une corde déjà installée sur la paroi... Et puis, on complique un peu... grimper en tête, accrocher les dégaines sur les pitons au fur et à mesure de la montée pour se sécuriser... installer un relais pour faire monter le second de cordée, descendre en rappel... Beaucoup de technique à retenir, une journée riche en informations.
Mardi : mise en pratique. On part la journée au-dessus de la Bérarde... petite "grimpette" dans les éboulis avant de se retrouver au pied d'une falaise où nous resterons la mâtinée à monter/descendre/ installer des relais et des rappels... La vue est magnifique :
Pique-nique rapide... et on emprunte un nouveau sentier assez raide qui nous emmène au pied d'une voie d'escalade où nous allons faire plusieurs longueurs de corde avant d'arriver au sommet d'un rocher... pas facile d'accès... et là, c'est le baptême du rappel en fil d'araignée... c'est-à-dire ? eh bien les jambes dans le vide, au lieu de descendre contre la paroi. On part d'un surplomb et on descend jusqu'en bas ! très impressionnant ! L'astuce : croiser les jambes et serrer les genoux pour éviter des faire des tours sur soi-même ! ... En pratique, ce n'est pas si évident !!!
Mercredi : Départ pour le refuge de la Pilatte, encore plus loin dans la vallée... L'aventure continue.
Nous allons passer deux nuits en refuge...On emmène avec nous tous les repas... ainsi que l'équipement d'alpinisme : cordes, dégaines, baudrier, casque, chaussures renforcées, crampons, piolet, gants, bonnet, anorak... et le minimum d'affaires personnelles... le sac est plein ! 15kg... 1/3 de mon poids à porter jusqu'au refuge 2577m... ce sera une montée très éprouvante... le sac est décidément trop lourd pour mes petites épaules ! dur !
La vue sur le glacier est superbe !
Enfin arrivée, je m'installe dans le dortoir qui servira de base pour les deux prochains jours, je prépare le sac du lendemain. Le dîner est servi ... Nous aurons la surprise de manger à côté de Bernard Giraudeau qui dort là ce soir également pour tenter l'ascension des Bans, célèbre sommet rocheux situé face au refuge. Partager un regard et un sourire avec cet alpiniste confirmé est plutôt réconfortant !
Jeudi matin : lever de bonne heure, avant le soleil, nous partons pour l'ascension du Mont Gioberney (3352m). Le temps est dégagé, c'est l'idéal. On commence par monter à travers les rochers puis on arrive au glacier, on s'équipe et c'est parti pour la marche glaciaire en direction du col où nous faisons une petite pause. La vue est magnifique, notamment sur les pointes de la Pilatte et l'immense glacier tumultueux à gravir, face à nous, que nous tenterons le lendemain.
Après un petit en-cas, il est temps de redescendre, les nuages commencent à nous rattraper, nous arriverons au refuge en plein brouillard... pour une sieste bien méritée.
Vendredi : Départ pour les pointes de la Pilatte... le temps est couvert... beaucoup de nuages, du brouillard...On va essayer de monter un peu pour voir l'état du glacier... Tout d'abord petite via ferrata pour descendre la paroi qui mène jusqu'à la glace. On s'encorde et c'est parti pour l'ascension, on arrive devant une pente de neige très raide... allez courage...
A mi-pente, on croise Bernard Giraudeau qui redescend avec son guide, le glacier est dangereux, il y a des trous de neige, ils ont décidé d'abandonner.
Nous continuons malgré tout, c'est notre guide qui décide.
La montée est rude, nous sommes très vigilant et faisons une petite halte sur un petit plateau neigeux à 3/4 de la course. Nous sommes entourés de séracs vertigineux, on se sent impuissant face à cette nature chaotique, on saute les crevasses les moins larges en évitant celles qui sont plus dangereuses.
Des cris ! quelqu'un est tombé dans une crevasse, sa compagne de cordée est coincée à la limite de la chute... c'est la panique... notre guide se désencorde, nous demande de ne pas bouger, et court aider la deuxième guide pour essayer de sauver la cordée... C'est terrifiant ! Ils arriveront à remonter le jeune homme qui est tombé en installant un relais maintenu par les piolets ! ouf... quand on voit la crevasse ... énorme, et pas le fond en vue... on se dit qu'on est passé très prêt d'un grave accident.
Du coup, c'est décidé, on redescend tout de suite, pas question de rester plus longtemps ici.
Le brouillard nous envahit...La descente est minutieuse, chaque pas est maîtrisé pour assurer la sécurité du groupe.
De retour au refuge, le pique-nique est bien mérité. Tant pis, nous n'aurons pas atteint le sommet à cause des conditions climatiques.
La descente vers la Bérarde se fait dans l'après-midi, le soleil revient, on retrouve l'herbe verte, les fleurs, une nature moins hostile... contente d'être revenue !
Cette semaine a été riche en émotions ! et très formatrice ... J'ai appris à apprécier l'escalade, et à évaluer les risques de la marche sur glacier.
Nous allons passer deux nuits en refuge...On emmène avec nous tous les repas... ainsi que l'équipement d'alpinisme : cordes, dégaines, baudrier, casque, chaussures renforcées, crampons, piolet, gants, bonnet, anorak... et le minimum d'affaires personnelles... le sac est plein ! 15kg... 1/3 de mon poids à porter jusqu'au refuge 2577m... ce sera une montée très éprouvante... le sac est décidément trop lourd pour mes petites épaules ! dur !
La vue sur le glacier est superbe !
Enfin arrivée, je m'installe dans le dortoir qui servira de base pour les deux prochains jours, je prépare le sac du lendemain. Le dîner est servi ... Nous aurons la surprise de manger à côté de Bernard Giraudeau qui dort là ce soir également pour tenter l'ascension des Bans, célèbre sommet rocheux situé face au refuge. Partager un regard et un sourire avec cet alpiniste confirmé est plutôt réconfortant !
Jeudi matin : lever de bonne heure, avant le soleil, nous partons pour l'ascension du Mont Gioberney (3352m). Le temps est dégagé, c'est l'idéal. On commence par monter à travers les rochers puis on arrive au glacier, on s'équipe et c'est parti pour la marche glaciaire en direction du col où nous faisons une petite pause. La vue est magnifique, notamment sur les pointes de la Pilatte et l'immense glacier tumultueux à gravir, face à nous, que nous tenterons le lendemain.
Il nous reste la partie sommitale rocheuse à grimper avant d'avoir une vue magnifique à 360°...
Enfin arrivés au sommet...c'est magnifique, on domine une mer de nuages... la vue est incroyable...Après un petit en-cas, il est temps de redescendre, les nuages commencent à nous rattraper, nous arriverons au refuge en plein brouillard... pour une sieste bien méritée.
Vendredi : Départ pour les pointes de la Pilatte... le temps est couvert... beaucoup de nuages, du brouillard...On va essayer de monter un peu pour voir l'état du glacier... Tout d'abord petite via ferrata pour descendre la paroi qui mène jusqu'à la glace. On s'encorde et c'est parti pour l'ascension, on arrive devant une pente de neige très raide... allez courage...
A mi-pente, on croise Bernard Giraudeau qui redescend avec son guide, le glacier est dangereux, il y a des trous de neige, ils ont décidé d'abandonner.
Nous continuons malgré tout, c'est notre guide qui décide.
La montée est rude, nous sommes très vigilant et faisons une petite halte sur un petit plateau neigeux à 3/4 de la course. Nous sommes entourés de séracs vertigineux, on se sent impuissant face à cette nature chaotique, on saute les crevasses les moins larges en évitant celles qui sont plus dangereuses.
Des cris ! quelqu'un est tombé dans une crevasse, sa compagne de cordée est coincée à la limite de la chute... c'est la panique... notre guide se désencorde, nous demande de ne pas bouger, et court aider la deuxième guide pour essayer de sauver la cordée... C'est terrifiant ! Ils arriveront à remonter le jeune homme qui est tombé en installant un relais maintenu par les piolets ! ouf... quand on voit la crevasse ... énorme, et pas le fond en vue... on se dit qu'on est passé très prêt d'un grave accident.
Du coup, c'est décidé, on redescend tout de suite, pas question de rester plus longtemps ici.
Le brouillard nous envahit...La descente est minutieuse, chaque pas est maîtrisé pour assurer la sécurité du groupe.
De retour au refuge, le pique-nique est bien mérité. Tant pis, nous n'aurons pas atteint le sommet à cause des conditions climatiques.
La descente vers la Bérarde se fait dans l'après-midi, le soleil revient, on retrouve l'herbe verte, les fleurs, une nature moins hostile... contente d'être revenue !
Cette semaine a été riche en émotions ! et très formatrice ... J'ai appris à apprécier l'escalade, et à évaluer les risques de la marche sur glacier.

























